Langage de l’absence


On ne peut capter sur nous que l’empreinte vive de ce qui a déjà eu lieu. Le déterminisme nous dit bien que tout est construit par la chaîne des évènements antérieurs, on est façonné par les histoires que l’on nous a raconté, par le passé, par ce qui n’existe plus physiquement dans l’espace présent. On existe par l’absence de nous-même. Par le changement permanent de notre relation aux autres, par l’excitation d’avoir été, et de s’oublier constamment après avoir vécu.

J’existe par le prisme de celles et ceux qui ont fait mon histoire, j’existe par le prisme des personnes qui m’ont offert et m’offrent leurs sens, qui en me considérant vivante et avec eux m’assène une place. Une place dans leur projection du monde et leur vision normée, personnelle. Non-négligeable, car c’est par elle que je constelle, que je me raconte.
Je me questionne sur ce langage, sur les codes du vivre ensemble, du vivre aux autres, du vivre à soi et pour soi. Quel place a mon langage ?
Je me questionne sur mes proportions à marquer les prismes, et je sais, que par leurs oublis, je fais parler l’absence.

Le langage de l’absence. Ou son chiasme.

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